FASO

Et si les plus jeunes s'en mêlaient ?

          Cela fait quelques années maintenant que je travaille au contact des jeunes, notamment les lycéens. Ce qui me retient auprès d'eux ? Leurs envies et leurs idées, pardi ! Sans pour autant tomber dans la naïveté, ces esprits neufs m'étonnent un peu plus chaque jour par leur énergie, leur engagement, par leur monde des possibles qu'ils plaquent sur leur monde actuel. Bien sûr, tout n'est pas faisable. Mais leur pensée est libre et, avec le temps et la confiance en soi aidant, chaque jour un peu plus riche.

Imaginez-vous devant un amphi plein d'une soixantaine de jeunes lycéens, non réellement motivés à cette sorte de "séance spéciale" où une une petite bonne femme d'un mètre soixante-et un, un sourire grand comme ça, vient leur parler d'une notion aussi abstraite que le développement durable ou l'Engagement. Et bien pourtant... Après quelques rires, sourires, quelques interactions, la parole se libère et les jeunes pensent, imaginent, créent des mondes faits de "et si".... Et si on faisait ça plus souvent ? Cet échange a eu lieu avec des élèves lycéens allant de 15 à 17 ans. Habituellement, ils sont tous les jours dans des salles de cours le nez - plus ou moins - plongé dans des bouquins formatés à souhait, modifiés chaque année et qui perdent peu à peu leur crédibilité. En face d'eux les professeurs, même des plus passionnés, peinent à attirer l'attention sur l'importance de leurs propos et se demandent dès Octobre comment ils vont parvenir à boucler leur programme.

Je suis entrée dans la junior association FASO en 2011. Je n'avais pas encore 17 ans. Je n'en suis jamais partie !
Les jeunes de l'association, issus de tous les cursus et niveaux du lycée, gagnent chaque jour en assurance et en plaisir du vivre ensemble. FASO est devenue une seconde famille où l'on peut s'entraider pour les cours, créer des amitiés allant au-delà de l'âge ou du cursus, et puis échanger sur tout comme n'importe quoi. Même les sujets les plus sensibles de l'actualité sont évoqués, discutés, chacun essayant de mieux comprendre. J'ai en tête notre échange mail du samedi 14 novembre 2015 : nous avions tous envie de nous retrouver vite, et ces jeunes avaient encore plus la niaque ; celle de continuer à se mobiliser, à s'investir pour leur monde. Il n'y a pas de petite échelle. C'est le SO de FASO qui résonne très fort en moi. A plusieurs on est plus fort, plus fort que l'horreur... (Pascal D.)

Dernièrement, c'est dans des classes de collégiens que je suis intervenue afin de parler de la notion d'Engagement, du Service Civique et puis de FASO. Ces élèves, assis exactement là où j'écrivais mes cours il y a quelques années, ont pris plaisir à échanger, à participer, à être mobilisés. Bien sûr, on trouve toujours quelques élèves réfractaires mais je suis convaincue qu'aucun n'est totalement imperméable. Là où on donne, où on crée de la parole, le "Non" ne peut pas sortir gagnant.

          Les élèves aujourd'hui sont, il me semble, trop souvent réduits à des cerveaux devant se remplir jusqu'à débordement. Et tant pis s'ils ne comprennent pas tout, tant pis si certains n'enregistrent rien du tout, c'est comme ça. Il y a tant d'autres qualités qui n'entrent pas en compte ! La confiance en soi, la gestion d'une équipe, le vivre ensemble, savoir rédiger, réfléchir, créer, inventer, aider autrui, apprendre à être un bon orateur... Autant de choses qui ne sont pas considérées comme des facultés, et devant se développer uniquement sur le temps péri-scolaire. Il est bien dommage d'en arriver là, quand je vois toutes ces jeunes têtes qui aiment à parler et s'exprimer quand, enfin, on leur en donne l'occasion ! Sans jugement, sans note, juste parler ensemble, que ce soit de l'actualité où du dernier film sorti dans les salles. Apprendre à écouter les autres, à comprendre les points de vue, à exprimer son idée. S'investir, s'engager pour une cause.

Être acteur de sa vie, finalement. Tout simplement. Et le plus tôt possible. Pour se connaître, se comprendre, et faire en sorte de changer notre monde pour être son tuteur et l'orienter, un temps soit peu, dans une direction plus humaine et solidaire, plus joviale. Pour moi c'est aussi ça, la Culture. Et elle est primordiale aujourd'hui, pour notre bonheur et notre sécurité à tous.

 

Je suis fondamentalement optimiste, humaine, fondamentalement heureuse et convaincue de tous les possibles.
Nul besoin d'être naïve pour ça : il suffit juste de sourire aux gens, jeunes et moins jeunes, de les comprendre et discuter.
C'est en l'avenir que je regarde. Et l'avenir il est là, tout de suite, maintenant, il commence dans une seconde.

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